Inégalité de longueur des membres inférieurs ?

Regardez ce qui se passe au niveau du moyen fessier et des érecteurs du rachis (et pourquoi c’est important)

L’inégalité de longueur des membres inférieurs est l’un des facteurs les plus sous-estimés lorsqu’on parle de lombalgie, d’altérations de la marche et de compensations musculaires persistantes.

De nombreux patients vivent avec de légères différences de longueur entre les deux jambes sans le savoir… et vous, en tant que professionnel, pouvez passer à côté d’un élément clé pour comprendre leur douleur.

Même des différences de 5 mm peuvent générer des adaptations musculaires suffisantes pour déclencher :

  • Une surcharge de la musculature pelvienne
  • Des modifications de la mécanique lombo-pelvienne
  • De la fatigue et des compensations lors de la marche
  • Une diminution des performances
  • Des lombalgies chroniques

Et le plus intéressant : tous les muscles ne réagissent pas de la même manière face à une inégalité de longueur.

Dans cet article, vous allez découvrir ce qui se passe spécifiquement au niveau du moyen fessier et des érecteurs du rachis, sur la base d’une analyse par électromyographie de surface (sEMG).

D’ailleurs, si vous vous reconnaissez dans l’une de ces affirmations — je veux poser des diagnostics plus objectifs, ajuster les exercices avec plus de précision, améliorer l’adhérence du patient et obtenir de meilleurs résultats en moins de temps — alors contactez-nous ici et nous vous montrerons comment intégrer l’EMG dans vos séances sans y consacrer plus de temps.

Comment l’inégalité de longueur modifie la mécanique du bassin et de la colonne

Un déséquilibre de longueur des membres inférieurs entraîne des changements mécaniques immédiats. Lorsqu’une jambe est plus courte, même de quelques millimètres, il se produit :

  • Une chute du bassin du côté court (obliquité pelvienne).
  • Une compensation de la colonne lombaire par une flexion latérale du même côté.
  • Une modification de la répartition des charges lors de la marche et des gestes sportifs.
  • Une augmentation des contraintes sur les ligaments, les fascias et la musculature lombaire.

Il n’est pas nécessaire d’avoir une inégalité sévère pour modifier l’activation musculaire. Dès 0,5 cm, des adaptations apparaissent.

Types d’inégalité de longueur et pourquoi elles affectent la musculature

Il existe deux types d’inégalité :

1. Structurelle (réelle)

  • Différence osseuse réelle de longueur tibiale/fémorale.
  • Entraîne des changements permanents du schéma moteur.

2. Fonctionnelle

  • Provoquée par des asymétries posturales ou musculaires.
  • Peut être corrigée par un traitement neuromusculaire.

Les deux peuvent modifier l’activation de deux muscles clés pour la stabilité pelvienne et lombaire :

  • Moyen fessier (MF)
  • Érecteur du rachis (ER)

Mais pas de la même manière. Parlons données.

Ce que montre l’électromyographie : marche + saut avec inégalité simulée

Dans cette étude, un groupe de sujets sains a réalisé :

  • Une marche à 5,7 km/h
  • Un saut avec contre-mouvement (CMJ)

Avec des inégalités artificielles créées à l’aide de semelles de 0,5 cm, 1 cm et 1,5 cm.

Cela a permis d’observer précisément comment les muscles réagissent aux variations de longueur des jambes.

1. Que se passe-t-il au niveau du moyen fessier ?

La réponse a été claire et constante :

Plus l’inégalité est importante → plus l’activation du moyen fessier du côté court augmente.

Ce muscle tente de corriger la chute du bassin et de maintenir la stabilité dans le plan frontal.
Cela entraîne :

  • Une augmentation du travail musculaire
  • Un effort accru durant la phase d’appui
  • Une fatigue précoce
  • Un risque accru de surcharge lombo-pelvienne

Interprétation clinique : un moyen fessier qui travaille excessivement finit, tôt ou tard, par faillir.

Et lorsque le moyen fessier faillit, que se passe-t-il au niveau lombaire ?

2. Que se passe-t-il au niveau de l’érecteur du rachis ?

Voici le point le plus intéressant :

L’érecteur du rachis ne modifie PAS son activation face à l’inégalité.

Cela signifie que :

  • La musculature lombaire ne compense pas le déséquilibre.
  • Le bassin peut devenir instable si le moyen fessier faillit.

Conclusion clinique : l’érecteur du rachis ne s’adapte pas. La région lombaire en souffre.

Une combinaison qui explique très bien les lombalgies idiopathiques chez les patients présentant une inégalité légère.

3. L’inégalité affecte-t-elle la performance ? Oui, plus que vous ne le pensez

Les sujets utilisant des semelles de 5 mm montraient déjà :

  • Une diminution de la performance au saut (CMJ)
  • Une capacité réduite à produire de la force
  • Un contrôle de l’atterrissage moins efficace

L’asymétrie musculaire n’affecte pas seulement la douleur, mais aussi l’efficacité mécanique globale.

Inégalité légère = baisse de performance + risque accru de blessure.

Implications cliniques

✔️ Le moyen fessier est extrêmement sensible aux variations de longueur des membres inférieurs
✔️ L’altération de l’activation du moyen fessier peut être liée à la lombalgie, en particulier chez les patients qui marchent, courent ou sautent avec des schémas répétitifs
✔️ Même 5 mm peuvent modifier le schéma moteur
✔️ L’EMG vous permet de :

  • Visualiser l’activation réelle de chaque muscle
  • Comparer le côté sain au côté affecté
  • Ajuster le traitement avec précision
  • Savoir quand une semelle aide… ou nuit

Vous voulez apprendre à évaluer ces synergies et à créer des traitements précis ?

L’EMG permet de mesurer ce que l’œil ne voit pas : compensations, déficits, surcharges et schémas moteurs altérés.

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