Données réelles d’activation musculaire
Tu utilises le squat unipodal pour travailler le grand fessier de tes patients ? Si c’est le cas, les données de cette étude vont te faire reconsidérer l’objectif de cet exercice.
Une étude portant sur 40 personnes a mesuré l’activation musculaire réelle lors du squat unipodal par électromyographie de surface, en exprimant les résultats en pourcentage de la contraction maximale volontaire (%MVC).
Les résultats montrent clairement que le squat unipodal n’est pas ce que beaucoup pensent.
Les muscles les plus actifs lors du squat unipodal
1. Vaste latéral : 69 % MVC
Le vaste latéral est le muscle le plus actif lors du squat unipodal. Avec 69 % MVC, il dépasse largement tous les autres muscles évalués.
Cela fait du squat unipodal un exercice particulièrement efficace pour le travail du quadriceps latéral, avec des applications directes en réathlétisation du genou, syndrome fémoro-patellaire et renforcement du membre inférieur chez les sportifs.
2. Vaste médial : 66,6 % MVC
Le vaste médial atteint 66,6 % MVC, pratiquement au même niveau que le vaste latéral. Cette activation bilatérale du quadriceps confirme que le squat unipodal est un exercice à haute demande pour l’appareil extenseur du genou.
Chez les patients présentant un déséquilibre entre vaste médial et latéral, l’EMG te permet de vérifier si ce déséquilibre persiste pendant l’exécution et d’ajuster la technique en conséquence.
3. Moyen fessier : 37,1 % MVC
Le moyen fessier est le troisième muscle le plus actif, avec 37,1 % MVC. Son rôle dans cet exercice est logique : le squat unipodal exige une stabilisation du bassin dans le plan frontal, et le moyen fessier en est le principal responsable.
S’il est défaillant, le bassin bascule du côté du membre en suspension, ce qui augmente le valgus du genou et le risque de blessure.
Les muscles les moins actifs
Grand fessier : 19,5 % MVC
C’est probablement la donnée la plus importante de l’étude d’un point de vue clinique. Le grand fessier n’atteint que 19,5 % MVC lors du squat unipodal. Le grand fessier n’est pas le muscle principal de cet exercice.
Si ton objectif thérapeutique est de renforcer le grand fessier, le squat unipodal n’est pas le meilleur outil. D’autres exercices comme le hip thrust ou les variantes d’extension de hanche génèrent des niveaux d’activation du grand fessier considérablement plus élevés.
Gastrocnémien médial : 20,4 % MVC
Le gastrocnémien médial présente une activation modérée de 20,4 % MVC. Il participe à la stabilisation de la cheville et au contrôle de la descente, mais n’est pas un muscle principal dans cet exercice.
Adducteurs : 13,3 % MVC
Les adducteurs sont le groupe musculaire le moins actif parmi tous ceux évalués, avec seulement 13,3 % MVC. Si tu cherches à travailler les adducteurs, le squat unipodal n’est pas l’exercice approprié.
Des données à appliquer dans ta pratique clinique
Le genou supporte la plus grande charge de travail
Avec les vastes latéral et médial au-dessus de 65 % MVC, le squat unipodal est fondamentalement un exercice pour le quadriceps. Cela en fait un outil très utile pour la réathlétisation du genou, mais implique également qu’il peut ne pas être l’exercice le plus adapté dans les phases initiales de récupération d’une blessure de l’appareil extenseur.
Le grand fessier a besoin d’autres exercices
19,5 % MVC n’est pas suffisant pour générer des adaptations de force significatives dans le grand fessier. Si ce muscle est ton objectif, tu dois prescrire des exercices où la hanche travaille en extension avec une plus grande amplitude et une plus grande charge. Le hip thrust, le soulevé de terre unipodal ou les extensions de hanche en quadrupédie sont des options avec des niveaux d’activation du grand fessier considérablement supérieurs.
Le moyen fessier est la clé de la stabilité
Les 37,1 % MVC du moyen fessier ne sont pas la valeur la plus élevée du classement, mais sont les plus pertinents en termes de contrôle moteur. Un moyen fessier défaillant lors du squat unipodal génère un valgus du genou, une bascule du bassin et une surcharge du tractus ilio-tibial. L’EMG te permet de détecter ce déficit avant qu’il ne génère des symptômes.
Comment utiliser l’EMG pour optimiser la prescription du squat unipodal
Connaître les valeurs moyennes d’activation d’une étude est utile, mais ce qui compte vraiment, c’est de savoir ce qui se passe chez ton patient en particulier. L’activation musculaire varie en fonction de la technique, du niveau de fatigue, de la phase de récupération et des caractéristiques individuelles de chaque personne.

Avec l’EMG, tu peux :
Vérifier si le vaste médial et le latéral travaillent de façon équilibrée. Un déséquilibre entre les deux lors du squat unipodal est une donnée clinique directement applicable à la réathlétisation fémoro-patellaire.
Vérifier si le moyen fessier stabilise le bassin. Si son activation est faible, le problème n’est probablement pas la force du moyen fessier en isolation, mais sa capacité de réponse dans des conditions de charge unipodal.
Confirmer que l’exercice ne génère pas une demande excessive pour la phase de récupération du patient. 69 % MVC pour le vaste latéral peut être exactement ce dont tu as besoin, ou peut être trop élevé, selon l’état du tissu et la phase du traitement.
Questions fréquentes
Le squat unipodal est-il un bon exercice pour la réathlétisation du genou ? Cela dépend de l’objectif et de la phase. Avec les vastes latéral et médial au-dessus de 65 % MVC, il génère une demande élevée sur l’appareil extenseur. C’est un exercice très utile dans les phases avancées de réathlétisation, mais il peut être excessif dans les phases précoces. L’EMG te permet de vérifier si la charge est adaptée au moment du processus.
Pourquoi le grand fessier s’active-t-il si peu lors du squat unipodal ? Parce que l’amplitude de mouvement de la hanche dans cet exercice est limitée par rapport à d’autres exercices de la chaîne postérieure. Le grand fessier travaille principalement en extension de hanche sur une grande amplitude. Lors du squat unipodal, la demande principale porte sur le contrôle de la flexion du genou et la stabilisation du bassin, et non sur une extension puissante de la hanche.
Ces données sont-elles applicables à tous les patients ? Les valeurs de l’étude représentent une moyenne sur 40 personnes. L’activation réelle varie en fonction de la technique d’exécution, de la profondeur du squat, de la vitesse et des caractéristiques individuelles de chaque patient. C’est pourquoi l’EMG individuelle est toujours plus informative que les valeurs de référence d’une population.
Quel exercice active davantage le grand fessier si le squat unipodal n’est pas suffisant ? Le hip thrust est systématiquement l’exercice présentant la plus grande activation du grand fessier dans la littérature. L’extension de hanche en décubitus ventral, le soulevé de terre roumain et les variantes de squat bulgare génèrent également des niveaux d’activation supérieurs aux 19,5 % MVC enregistrés lors du squat unipodal.
Conclusion
Le squat unipodal est un exercice pour le quadriceps avec une composante importante de stabilisation du moyen fessier. Ce n’est pas un exercice pour le grand fessier. Les données le confirment : 69 % MVC pour le vaste latéral, 37,1 % pour le moyen fessier et seulement 19,5 % pour le grand fessier.
Connaître ces valeurs te permet de prescrire avec précision : utiliser le squat unipodal lorsque l’objectif est le quadriceps ou la stabilisation pelvienne, et choisir d’autres exercices lorsque le grand fessier est le muscle que tu dois travailler.
Sans EMG, cette distinction est difficile à faire pour chaque patient. Avec l’EMG, tu l’as en temps réel.

