Tu sais si ton patient dissocie correctement le bassin de la colonne vertébrale quand il se déplace ?
Si tu n’as pas de moyen objectif de le mesurer, tu commences probablement la rééducation lombaire sans connaître exactement le point de départ réel de ton patient.
De nombreux patients souffrant de douleurs lombaires chroniques ou d’instabilité pelvienne rapportent des douleurs lors des mouvements ou de l’exercice, activent davantage la zone lombaire que le fessier lors des extensions de hanche, et présentent un manque de dissociation entre bassin et colonne qui perpétue le problème.
À l’œil nu, le mouvement peut sembler acceptable. Mais en dessous se cache un schéma neuromusculaire altéré qu’aucune observation clinique ne peut quantifier avec précision.
Dans cet article, tu vas découvrir le Protocole de Dissociation Lombo-Pelvienne de mDurance : cinq exercices avec lesquels tu peux détecter en temps réel quel muscle dirige le mouvement, où apparaissent les compensations et comment est organisé le contrôle lombo-pelvien de ton patient avant de commencer la rééducation.
Pourquoi le contrôle lombo-pelvien est la première variable que tu devrais mesurer
Quand la dissociation entre bassin et colonne vertébrale est perdue, les conséquences ne se limitent pas à la douleur lombaire. Tout le système se réorganise autour de cette dysfonction :
❌ Stress articulaire accru sur les segments lombaires, qui se traduit par une douleur récurrente et difficile à résoudre tant que le schéma moteur ne change pas.
❌ Déficit d’activation fessière, car quand l’érecteur spinal domine le mouvement, le grand fessier passe au second plan. Le résultat est une capacité réduite à générer de la force à la hanche et une chaîne postérieure qui ne fonctionne pas comme elle le devrait.
❌ Compensations dans d’autres muscles, qui augmentent le risque de blessures au genou, à la hanche ou même à la colonne thoracique à moyen terme.
Le problème, c’est que ces schémas ne se diagnostiquent pas en observant. Ils se diagnostiquent en mesurant. Et le moment pour le faire, c’est avant de prescrire le premier exercice, pas après que le patient passe des semaines sans s’améliorer.
Le Protocole de Dissociation Lombo-Pelvienne de mDurance
Le protocole est conçu pour détecter en temps réel trois types de résultats :
🎯 Quel muscle dirige le mouvement : grand fessier ou érecteur spinal ?
🎯 S’il y a un excès d’activation ou de rigidité lombaire pendant le mouvement.
🎯 Où apparaissent les pertes de contrôle ou les compensations lombo-pelviennes.
Il se compose de cinq exercices, chacun avec un objectif clinique spécifique et un ensemble de résultats que l’EMG peut détecter et que l’observation ne peut pas quantifier.

Exercice 1 : Squat (8 répétitions)
Objectif : évaluer le contrôle lombo-pelvien lors d’un mouvement global de flexion-extension.
Le squat est l’un des tests les plus informatifs pour le contrôle lombo-pelvien car il implique à la fois la colonne et la hanche sur toute leur amplitude de mouvement. L’EMG te permet de voir la séquence d’activation en temps réel et de détecter deux schémas particulièrement fréquents :
Activation excessive de l’érecteur spinal à l’initiation de la descente. Quand l’érecteur domine la phase excentrique, cela indique que la colonne contrôle la descente au lieu de la hanche. Le schéma correct implique que le fessier et les ischio-jambiers dirigent la phase de descente avec la colonne en position neutre.
Faible participation du fessier lors du retour en station debout. Si l’érecteur spinal continue de dominer à la montée, le grand fessier ne génère pas l’extension de hanche qui lui revient. Ce résultat est particulièrement pertinent chez les patients qui rapportent que le squat charge leur zone lombaire.
Exercice 2 : Pont fessier (8 répétitions)
Objectif : analyser la séquence d’activation lors de l’extension de hanche en décharge.
Le pont fessier est le test le plus direct pour évaluer si le grand fessier assume sa fonction primaire dans l’extension de hanche ou si les lombaires compensent cette fonction. Les résultats les plus fréquents sont :
Fessier qui s’active tardivement ou avec peu d’intensité. L’EMG montre avec précision le timing d’activation de chaque muscle. Un fessier qui répond avec du retard ou qui n’atteint pas des niveaux d’activation suffisants est une donnée clinique qu’aucun test manuel ne peut t’offrir avec la même précision.
Lombaires compensant dès le début et pendant tout le mouvement. Quand l’érecteur spinal s’active avant ou en même temps que le fessier lors du pont fessier, le schéma moteur est inversé. La colonne fait le travail que devrait faire la hanche.
Difficulté à maintenir le bassin en position neutre pendant l’extension. L’EMG peut détecter les micro-ajustements que fait le système musculaire pour maintenir la position, révélant quand la stabilité pelvienne dépend de la tension lombaire plutôt que du contrôle actif du fessier.
Exercice 3 : Soulevé de terre (8 répétitions)
Objectif : observer le contrôle excentrique et le retour depuis la flexion du tronc.
Le soulevé de terre évalue un schéma que le squat ne peut pas évaluer de la même façon : le contrôle de la charnière de hanche avec charge. Il est particulièrement utile pour détecter des altérations du timing entre bassin et colonne pendant le mouvement de descente et de montée.
Érecteur spinal sur-activé à la montée. Si l’érecteur s’active excessivement lors de la phase concentrique du soulevé de terre, l’extension se produit principalement dans la colonne et non dans la hanche. C’est l’origine mécanique la plus fréquente de la douleur lombaire associée au soulevé de terre.
Manque de coordination fessier-érecteur à la montée. Le schéma idéal implique que fessier et érecteur travaillent de façon coordonnée lors de l’extension. Quand l’érecteur s’active significativement avant le fessier, la colonne lombaire absorbe la charge que devrait gérer la hanche.
Altération du timing entre bassin et colonne. L’EMG détecte si le bassin et la colonne se déplacent de façon désynchronisée, ce qui est l’un des marqueurs les plus sensibles de dysfonction lombo-pelvienne.
Exercice 4 : Extension de hanche (8 répétitions)
Objectif : détecter si le grand fessier assume sa fonction primaire ou si les lombaires compensent.
L’extension de hanche en quadrupédie ou en décubitus ventral est le test le plus pur pour évaluer la dominance lombaire vs fessière dans l’extension. Sans la variable du mouvement du genou ou du poids corporel, l’EMG peut isoler avec plus de précision quel muscle dirige l’extension.
Érecteurs spinaux dominant le mouvement. Chez de nombreux patients souffrant de douleurs lombaires chroniques, l’extension de hanche active principalement les lombaires au lieu du fessier. Ce schéma est courant et difficile à détecter sans EMG.
Fessier déficitaire et/ou avec retard d’activation. Un fessier qui tarde à entrer dans l’extension de hanche est un fessier inhibé. L’EMG montre ce retard avec une précision qu’aucun test clinique manuel ne peut égaler.
Difficulté à maintenir le contrôle en fin d’amplitude. La perte de stabilité lombo-pelvienne en fin d’extension de hanche indique que le système musculaire n’a pas une capacité suffisante pour contrôler cette amplitude. C’est l’un des déficits les plus fréquents et les moins évalués chez les patients souffrant de douleurs lombaires.
Exercice 5 : Test de Sorensen (temps maximal)
Objectif : évaluer la résistance de l’érecteur spinal dans des conditions de charge soutenue.
Le test de Sorensen est le test de référence pour évaluer la résistance de la musculature extensrice lombaire. Contrairement aux exercices précédents, il n’évalue pas le schéma d’activation pendant le mouvement mais la capacité à maintenir l’activation dans le temps.
Fatigue précoce de l’érecteur. Si l’érecteur cède plus tôt que prévu pour l’âge et le profil du patient, cela indique une capacité de résistance lombaire insuffisante pour les exigences de sa vie quotidienne ou sportive.
Asymétrie entre les érecteurs. L’EMG permet de comparer l’activation de l’érecteur droit et gauche pendant le test. Une asymétrie significative est un résultat cliniquement pertinent qui peut expliquer des schémas de douleur unilatérale ou des compensations de charge dans la colonne.
Questions fréquentes
Ce protocole est-il adapté aux patients en phase aiguë ? Pas dans tous les cas. Le pont fessier et l’extension de hanche en décubitus peuvent être bien tolérés même en phase subaiguë, mais le squat, le soulevé de terre et le test de Sorensen nécessitent que le patient ait une capacité de charge suffisante. Le protocole est conçu principalement pour la phase d’évaluation préalable à la rééducation active ou au début de la réathlétisation.
De combien de canaux EMG ai-je besoin pour ce protocole ? Avec quatre canaux, tu peux évaluer grand fessier et érecteur spinal simultanément, qui sont les deux muscles principaux du protocole. Si tu veux ajouter le moyen fessier ou les ischio-jambiers, tu aurais besoin de canaux supplémentaires. mDurance fonctionne avec quatre canaux EMG.
Puis-je utiliser ce protocole pour suivre l’évolution du traitement ? Oui, et c’est l’une de ses utilisations les plus précieuses. Répéter le protocole à différents moments du processus te permet d’objectiver si le schéma lombo-pelvien évolue, si le fessier prend davantage de place face à l’érecteur et si les compensations diminuent. C’est un moyen de démontrer la progression avec des données, pas seulement avec la perception du patient.
Que faire si je constate que l’érecteur domine dans tous les exercices ? C’est l’un des résultats les plus fréquents et le point de départ le plus clair pour concevoir le programme. Cela signifie que tu dois rééduquer l’activation du grand fessier avant de progresser en charge. Tu peux travailler avec le biofeedback EMG pour que ton patient gagne en force tout en évitant les compensations.
Conclusion
Le contrôle lombo-pelvien est la base de tout programme de rééducation lombaire qui veut être efficace à moyen terme. Sans savoir si le patient dissocie bassin et colonne, si le grand fessier dirige l’extension de hanche ou si l’érecteur compense dans tous les mouvements, tu prescris des exercices sans savoir exactement ce qui fait défaut.
Le Protocole de Dissociation Lombo-Pelvienne de mDurance te donne cette information en 15 minutes, avec des données objectives et en temps réel. Cinq exercices, deux muscles clés et une image claire du schéma neuromusculaire de ton patient avant de commencer le traitement.
Parce que la différence entre un programme qui fonctionne et un qui ne fonctionne pas ne réside souvent pas dans les exercices. Elle réside dans le fait de savoir ce qui fait défaut avant de les choisir.

