La rotation latérale du tronc est un mouvement fondamental en biomécanique, où le torse pivote d’un côté sans provoquer un déplacement excessif du bassin.
Ce geste est essentiel dans des actions quotidiennes comme se retourner pour regarder derrière soi, atteindre un objet sur le côté ou conduire. Il joue également un rôle clé dans des sports comme le golf, le tennis ou le baseball, où une bonne mobilité rotationnelle est déterminante pour la performance et la prévention des blessures.
Ce mouvement sollicite principalement les obliques externes et internes, les érecteurs spinaux, entre autres. Une activation correcte et une bonne synergie entre ces muscles garantissent une rotation fluide et sécurisée, évitant ainsi des compensations pouvant entraîner des surcharges dans la région lombaire ou thoracique.
Un manque d’efficacité ou une mauvaise coordination musculaire lors de la rotation latérale du tronc peut entraîner des douleurs, des raideurs ou des troubles posturaux. Si vous avez des patients présentant une restriction de mobilité, une faiblesse ou des douleurs lorsqu’ils inclinent leur tronc, la question essentielle à se poser est :
Quels muscles ne fonctionnent pas correctement pour permettre à mon patient d’effectuer une rotation latérale avec un mouvement fluide et efficace ?
Dans cet article, vous apprendrez à évaluer les synergies musculaires impliquées dans la rotation latérale du tronc afin d’identifier les déséquilibres et d’orienter précisément votre traitement vers les muscles nécessitant un réentraînement.
Quand évaluer la rotation latérale du tronc chez un patient ?
Il est essentiel d’analyser la rotation latérale du tronc lorsque vos patients présentent l’une des conditions suivantes :
1️⃣ Douleur lombaire ou thoracique
Tout patient ressentant une gêne lors de la rotation du torse, en particulier au niveau du dos moyen ou inférieur, doit être évalué. Cette douleur peut être liée à des dysfonctionnements musculaires, des blocages articulaires ou une activation incorrecte des muscles stabilisateurs.
2️⃣ Limitation de l’amplitude de mouvement
Si votre patient a du mal à tourner son tronc latéralement ou ressent une raideur, cela peut indiquer une restriction de mobilité. Ce phénomène est fréquent en cas de dysfonctions vertébrales, de tensions musculaires ou de troubles posturaux.
3️⃣ Antécédents de traumatismes ou de chirurgies
Les patients ayant subi des blessures à la colonne vertébrale, une chirurgie abdominale ou des interventions dans la région lombaire nécessitent une évaluation régulière de la rotation du tronc pour surveiller leur récupération et éviter l’apparition de compensations douloureuses.
4️⃣ Déséquilibres musculaires ou posturaux
Les patients présentant des postures altérées, telles qu’une hyperlordose lombaire, une cyphose thoracique ou des asymétries pelviennes, peuvent développer des restrictions dans la rotation du tronc. L’évaluation de cette fonction est essentielle pour améliorer leur mobilité et prévenir les surcharges.
5️⃣ Sportifs ayant besoin d’une rotation optimale du tronc
Les athlètes pratiquant le golf, le tennis, le baseball ou les arts martiaux doivent bénéficier d’une évaluation précise de la rotation latérale afin d’éviter les blessures liées à une utilisation excessive et de garantir un bon équilibre musculaire au niveau du tronc.
🔍 Si vous identifiez l’un de ces signes chez vos patients, une évaluation approfondie de la rotation latérale du tronc vous permettra de détecter les limitations et d’adapter votre traitement de manière plus efficace.
Muscles les plus sollicités lors de l’inclinaison latérale du tronc (vers la droite)
- Oblique externe droit → Abaisse la cage thoracique vers le bassin du côté droit, facilitant l’inclinaison latérale vers ce côté.
- Oblique interne gauche → Stabilise le tronc et contribue à la compression de la cavité abdominale.
- Érecteur spinal droit → Joue un rôle important dans le maintien de la verticalité et de la stabilité de la colonne vertébrale, évitant toute flexion ou rotation non désirée.
- Érecteur spinal gauche → Stabilise également la colonne, mais dans une moindre mesure.
✅ Synergie musculaire attendue lors d’une inclinaison latérale du tronc (vers la droite) :

Analyse des synergies musculaires dans la rotation latérale du tronc
Exemple : Patient souffrant de douleurs lombaires
Lorsqu’on analyse l’activation musculaire pendant une rotation latérale du tronc, il est essentiel d’observer la synergie entre les muscles impliqués. Voici un schéma observé chez un patient souffrant de douleurs lombaires :
❌ Déséquilibre observé :

Érecteur spinal gauche > Érecteur spinal droit > Oblique interne gauche > Oblique externe droit
🔹 Suractivation de l’érecteur spinal gauche → Compense excessivement, ce qui peut provoquer une surcharge et des douleurs lombaires.
🔹 Déficit d’activation des obliques → Réduction de la participation des muscles abdominaux, diminuant l’efficacité du mouvement.
➡️ Ce schéma dysfonctionnel peut favoriser une douleur lombaire chronique, une instabilité du tronc et des compensations mécaniques.
✅ Grâce à l’électromyographie de surface (EMG), il est possible d’identifier ces déséquilibres et d’adapter précisément les stratégies de traitement.
Exemple : Schéma d’activation musculaire normal
Dans une rotation latérale du tronc sans douleur, la synergie musculaire suit ce modèle :

✅ Oblique externe droit > Oblique interne gauche > Érecteur spinal droit > Érecteur spinal gauche
🔹 Comparaison entre un schéma normal et un patient souffrant de douleurs lombaires :
⚠️ Chez un patient douloureux :

❌ L’érecteur spinal gauche s’active 3 fois moins que chez une personne en bonne santé → Instabilité et compensations possibles.
❌ L’oblique externe sain s’active 3,5 fois plus que celui du patient douloureux → Un déficit d’activation des obliques augmente la charge sur la zone lombaire.
Conclusion
Comprendre l’activation musculaire lors de la rotation latérale du tronc est essentiel pour évaluer et optimiser ce mouvement. Une analyse détaillée permet d’identifier les déséquilibres et les compensations, contribuant ainsi à prévenir et traiter les troubles pouvant provoquer des douleurs ou des limitations fonctionnelles.
Un schéma d’activation correct doit être dominé par les obliques externes et internes, qui dirigent le mouvement. Si d’autres muscles, comme les érecteurs spinaux, prennent le dessus, des compensations peuvent apparaître, réduisant l’efficacité du geste et augmentant le risque de surcharge.
Grâce à l’EMG de surface, il est possible d’obtenir des données objectives sur l’activation musculaire et de corriger les schémas dysfonctionnels.
À très bientôt dans notre prochain post ! 😊